Tibet : briser le mur du silence
Au Tibet, des affrontements violents viennent de se produire dans la capitale Lhassa et plusieurs villes du pays entre des moines bouddhistes et des habitants d’une part et la police militaire chinoise d’autre part. Les manifestants réclamaient notamment le retour du Dalaï Lama, chef spirituel et temporel incontesté, au Tibet et le respect des droits de l’homme pour les Tibétains. Il y aurait plusieurs morts sans qu’un chiffre précis puisse être donné. Au moment où la République populaire de Chine s’apprête à accueillir des délégations du monde entier à l’occasion des Jeux Olympiques de l’été prochain, il n’est pas inutile d’examiner la manière dont l’État chinois traite une de ses minorités ethniques.
Il faut d’abord rappeler que les Tibétains, indépendants de fait entre 1913 et 1950, ont été placés par la force militaire sous souveraineté chinoise en mai 1951. En principe, Le Tibet devait jouir d’une large autonomie, une promesse non tenue.
En 1959, à la suite de soulèvements contre la présence chinoise, le Dalaï Lama se réfugie en Inde. Par la suite, la répression chinoise sera féroce, particulièrement pendant la Révolution culturelle : déportation dans des camps de travail, destruction des temples et des monastères.
A la mort de Mao Ze Dong en 1976, une certaine tolérance religieuse régnera interrompue par un renouveau du Nationalisme tibétain et des émeutes de 1987 à 1989, date à laquelle le Dalaï Lama reçoit le Prix Nobel de la Paix. Ce dernier plaide auprès des grandes puissances pour la survie de son peuple tout en prônant le dialogue avec les autorités chinoises. C’est ce qu’il appelle la politique du « juste milieu » Il appelle cependant sans ambiguïté la Chine à mettre un terme aux transferts de population qui ont rendu les Tibétains minoritaires dans leur propre pays et contribuent à la destruction de leur langue et de leur culture. Le Dalaï Lama vient aussi de réclamer une enquête internationale sur ces dernières violences meurtrières au Tibet et a condamné un "génocide culturel" après les émeutes à Lhassa qui ont fait 80 morts selon le gouvernement en exil.
Pour les responsables chinois, cette agitation est un acte de sabotage orchestré par le Dalaï Lama. Cette affaire tombe mal pour la Chine et risque de renforcer les appels au boycott des Jeux Olympiques, une position que ne partagent toutefois ni le gouvernement tibétain en exil ni le Dalaï Lama.
Le Parti de la Nation Occitane a, depuis longtemps, dénoncé l’occupation chinoise au Tibet et le « génocide » culturel. A court terme, il préconise l’arrêt de la répression brutale des manifestations et le respect par les autorités chinoises de l’autonomie du Tibet. La bonne volonté du Dalaï Lama et du gouvernement tibétain n’étant pas payée de retour, il faut, selon lui, que les grandes puissances exercent d’intenses pressions diplomatiques sur Pékin pour que les Chinois changent de comportement vis-à-vis des Tibétains comme de leurs autres minorités ethniques. Il faut aussi briser le mur de silence érigé par les autorités chinoises sur la situation au Tibet. Ce mur est incompatible avec l’image d’ouverture et de modernité que la Chine veut donner d’elle-même en organisant sur son territoire les Jeux Olympiques, symbole de paix et de compétition sportive pacifique entre les nations du monde. A plus long terme, le Tibet, si telle est la volonté exprimée démocratiquement par les Tibétains, doit recouvrer pacifiquement son indépendance et le territoire correspondant à ses limites ethno-linguistiques qui est plus vaste que la région actuelle « autonome » dans le cadre de la République Populaire de Chine.
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