Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Présentation

Vous êtes le :

<script type="text/javascript" src="http://www.ovnet.net/cpt/?code=6/47/7181/7/1&ID=414697305"></script>

ETHNISME

Mardi 2 décembre 2008

QU’EST-CE QU’UNE NATION ?


Pour nous le concept de nation est un concept moderne, clair et bien défini. Toute nation est déterminée dans son existence et dans ses limites par une langue indigène qu’elle soit actuellement parlée ou récemment parlée. Cette définition nous permet sans hésitation d’affirmer qu’il y a une nation espagnole, une nation italienne ou une nation française.

Malheureusement cette définition ne fait pas l’unanimité même s’il elle est de plus en plus reconnue. Ouvrons un dictionnaire, le Petit Robert par exemple. Nous y trouvons quatre définitions légèrement différentes :

1° Un sens ancien : « groupe humain auquel on suppose une origine commune »

2° Un sens qui fait appel à la conscience de peuple : « groupe humain qui se caractérise par la conscience de son unité et la volonté de vivre en commun »

3° un sens « étatique » : « groupe humain constituant une communauté politique établie sur un territoire défini et personnalisé par une autorité souveraine »

4° un sens juridique : «  personne juridique constituée par l’ensemble des individus composant l’Etat ».

Aucune de ces définitions ne fait appel aux réalités linguistiques ce qui en fait un ensemble de définitions insuffisantes et inexactes. .


Une des définitions qui nous est apparue la plus pertinente est celle de Staline dans une brochure célèbre « Le marxisme et la question nationale ». Les échecs retentissants du marxisme et en particulier du stalinisme font que plus personne n’ose se référer à cette définition. Ce texte avance quatre critères pour qu’il y ait nation : une histoire commune, une économie commune, une langue commune et un tempérament commun. Toujours selon Staline, si un de ces critères manque, il n’y a pas nation. Ces critères ne se rencontrent en fait que dans les grandes nations constituées en Etat. Ce qui explique que cette définition n’a jamais été appliquée aux peuples minorisés de l’empire soviétique. On peut affirmé sans trop se tromper que la non application de ce texte est pour beaucoup dans la fin de l’empire soviétique. De plus cette définition n’explique pas l’éclatement de ce grand empire en plusieurs nations.

Si nous nous référons à ce texte, c’est parce qu’il inclue « la langue » comme critère déterminant dans la définition de toute nation. Les autres critères sont trop imprécis pour être cruciaux, mais il ne sont pas à éliminer : toute nation a une histoire, une économie et peut-être un tempérament spécifique.

Nous en concluons que seule la définition linguistique reste valable. S’il n’y a pas langue, il n’y a pas nation. Le langage est ce qui différencie l’humanité des autres espèces vivantes. Il est normal que la langue soit au centre de toute réalité nationale.

Cette définition présente plusieurs avantages. Elle explique l’histoire récente de l’humanité en particulier l’apparition d’un grand nombre d’Etats nouveaux reconnus par l’ONU. Elle explique le phénomène de décolonisation. Elle explique l’émancipation des nations sans Etats. Elle justifie l’importance de la diversité des faits nationaux face à ceux qui les nient, qu’ils soient impérialistes ou cosmopolistes.

Cette définition de la nation est issue du grand principe des peuples à disposer d’eux-mêmes. Mieux elle en découle. Elle implique une vision du monde fondée sur la culture ou non plus les seuls rapports de force. Elle annonce un monde où règne les principes de liberté, d’égalité et de fraternité. Elle en appelle au respect de tous les peuples, à leur reconnaissance et, c’est notre vœu le plus cher, elle annonce la paix entre les nations.

Elle a pour elle le mérite de rendre compte de la complexité de l’humanité. Elle rend compte de l’existence d’une nation occitane. C’est pourquoi nous devons travailler à ce qu’elle entre dans les dictionnaires.


 

Par Ressaire
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 6 décembre 2008

Bonjour mon cher ami,
Je comprends bien la définition de la Nation au sens Occitan, le Mali n'est pas une Nation, en effet le Mali compte au moins 9 langues donc décomposable en au moins 9 nations! Comme je viens de lire le message, je continuerai ma réflexion sur cette définition dans quelques jours.
Amitiés.      

Aboubakrine Assadek



Cher Aboubakrine,

    Merci d'apporter votre contribution au débat sur "La nation". L'exemple malien qui vous est cher est difficilement exploitable en Europe. Les militants occitans que nous sommes n'ont qu'une faible connaissance du Mali.

    Nous préférons fonder notre argumentation à partir de l'exemple espagnol, belge ou suisse. Ce sont des Etats qui nous sont plus proches et donc plus parlants.

    Néanmoins, il s'agit en lançant ce débat sur la définition de la nation d'arriver à établir une définition universelle, donc valable aussi pour le Mali.

    La première remarque qui vous vient à l'esprit, si j'ai bien compris, est celle du nombre des langues. C'est un problème crucial. Je lis parfois qu'il y aurait entre 3 000 et 5 000 langues dans le monde. Si on applique la définition linguistique de la nation et si on admet cette loi d'évolution selon laquelle toute nation tend à se constituer en Etat, nous en arriverions à constituer entre 3 000 et 5 000 Etats. L'humanité ne peut se payer le luxe d'une telle fragmentation. Ce ne serait qu'émiettement en autant de petites bureaucraties inutiles.

    Non. Nous proposons de ne tenir compte que des ensembles linguistiques et non des dialectes qui les composent. La réalité est que l'humanité se subdivise en 200 à 300 grandes langues ou groupes linguistiques. Le berbère et l'occitan en font partie.

    L'Université de Laval, très au fait des données linguistiques parle au sujet du Mali d'une trantaine de langues. Vous parlez de 9 langues. C'est plus raisonnable. Pour notre part, nous n'en voyons que 5 ou 6 :

1. Une langue majoritaire qu'on peut appeler Mandingue (bambara, malinké, soninké, bozo) 40% de la population.

2. La langue songhaï.

3. L'ensemble voltaïque (sénoufo, bomu, dogon)

  1. Le berbère touareg.

  2. L'arabe (hasanya).

Se pose aussi le problème de la nation Peul qui est dispersée dans tout l'Ouest africain

 

        Je ne parle bien sûr que des langues indigènes. Il est difficile parfois d'arriver à distinguer ce qui langue et ce qui est dialecte. Nous acceptons d'en discuter. Il faut se dire aussi que nous abordons là le domaine des sciences humaines et qu'il est impossible que la science ethnique atteigne la rigueur des sciences mathématiques.

     En 1982, l'Etat malien a reconnu 13 langues. En général les Etats africains ont tendance à multiplier le nombre de leurs langues ce qui leur permet de noyer l'importance de la question linguistique et d'en réduire d'autant les conséquences. Et cela au profit des langues des anciens colonisateurs et donc du jacobinisme d'Etat.

    Finalement la situation du Mali est assez analogue à celle de la France où l'on a une langue dominante : le français, auquel il faut ajouter 7 langues minorisée : le breton, le flamand, l'alsacien, le corse, le catalan, le basque et l'occitan.

    L'Etat malien étant plus fragile que l'Etat français, il se peut qu'il accepte, plus rapidement que la France, de reconnaître ses nations minoritaires. Ainsi nos frères touaregs deviendront peut-être demain un exemple pour les occitans. Mais rien n'est moins sûr.

 

J . Ressaire


Par Ressaire
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 6 décembre 2008

 


Ne pourrait-on pas rajouter dans ton texte, dès la 2ème phrase, la définition de Fontan (p 14 d’ Ethnisme) la nation est l’ensemble des hommes parlant ou ayant parlé une même langue, habitant ou ayant habité un même territoire. Ca précise d’emblée qu’une nation est un ensemble de personnes, c’est limpide, concret, ensuite vient le rôle de la langue commune qui est le ciment et qui conditionne l’existence même de cet ensemble de personnes. Bien sûr les définitions Du Petit Robert indiquent que la nation est un groupe de personnes, mais ce n’est pas notre définition.Ne pourrait-on pas mettre un mot sur Renan : «qu’est ce qu’une nation » ? Ne pourrais-tu pas donner des exemples d’Etats nouveaux reconnus par l’ONU, dans l’avant avant dernier paragraphe. Ne pourrait-on pas rajouter et développer succinctement, dans ton texte (ou en annexe de ton texte) les arguments qui infirment les autres conceptions la nation fondée sur l’histoire, la volonté commune d’un peuple…. Je suis très heureux de ton texte, car à la suite de sa lecture, je viens de réaliser que l’émancipation de l’Occitanie et des nations en général (définies suivant des critères linguistiques) rendent applicable la formule révolutionnaire et maçonnique (si ma mémoire est bonne) « Liberté, Egalité, Fraternité ». Liberté de l’autodétermination et de s’autogouverner, égalité entre les peuples : les occitans doivent avoir les mêmes droits que les français (par exemple) : droit à la reconnaissance, à la souveraineté, à l’usage de notre langue nationale l’occitan, doit à être représenté au niveau européen… ce principe est valable pour tous les peuples. Ainsi il n’y a plus de dominants/dominés. Les rapports doivent être basés sur l’égalité et non sur la force. Force qui a souvent (toujours ?) prévalu. Importance du respect de l’autre. Et ça conduit nécessairement à une fraternité. Par conséquent, je réalise que sans l’ethnisme, sans l’application de la théorie éthniste, la formule « Liberté, égalité, fraternité » n’est qu’un vœu pieux.
Je pense à une belle formule sur l’aliénation : « il y a une chose pire que l’infamie des chaînes, c’est de ne plus en sentir le poids », l’auteur en est l’écrivain français Gérard BAUER (1888-1966). Je suis persuadé que le paroxysme de l’aliénation, c’est ne plus être conscient de son aliénation. C’est certainement la situation de beaucoup d’occitans

Felip Bonnet


__,_._,___

Par Ressaire
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 8 décembre 2008

Identifier langue et nation n'a pas de sens, ni dans l'histoire, ni dans la linguistique.
Comment définir l'Irlande ? Comment définir la Slovaquie par rapport à la Hongrie (quand des études génétiques prouvent la quasi identité des deux populations. les Hongrois ne seraient que des Slovaques magyarisés) ?

J. F. Blanc


Voilà des questions bien étranges. Je ne sais si J.F. Blanc est sérieux ou s’il fait simplement l’avocat du diable pour faire avancer le débat. Mais néanmoins ses questions méritent réponses.

Evidemment les mots « langue » et » « nation » ne sont pas identiques. Le concept de nation a un sens historique et politique que n’a pas le concept de langue, même si toute langue a une histoire. La linguistique peut tout au plus nous aider à déterminer si tel ou tel ensemble de dialectes forme véritablement un langue. La géographie linguistique nous permet aussi de fixer les limites de chaque langue.

En affirmant à la suite de François Fontan que la langue indigène est l’indice synthétique de toute nation, j’oppose et je privilégie la « nation ethnique » au dépend de la « nation civique ». Par nation civique, j’entends l’idée que ce sont les Etats qui font les nations.

Analysons brièvement l’histoire récente de l’Europe. Elle se subdivisait au début du 19 ° siècle en une dizaine d’Etats environ (France, Angleterre, Espagne, Autriche-Hongrie, Russie, Suède, Prusse, Hollande, Portugal …) L’Irlande, la Slovaquie,et la Hongrie ne s’étaient pas encore constituées en Etats indépendants. Qu’en est-il aujourd’hui ? La même Europe a vu naître une quarantaine d’Etats nouveaux. Citons au hasard, en plus des trois cités plus haut, la Slovénie, l’Albanie ou la Lituanie. A chacun de ces nouveaux Etats correspond bien une langue donnée. On aurait pu prévoir l’évolution historique de l’Europe dès 1800 en étudiant une carte linguistique. J’y vois une exception : la Belgique, créée en 1830. Mais n’est-elle pas en train d’éclater en fonction justement du critère linguistique. On peut m’opposer aussi la Suisse qui a su éviter l’éclatement en accordant une large autonomie à ses cantons.

Tirons en leçon pour envisager l’avenir de l’Etat français. Les Etats sont en évolution permanente. Ils sont fragiles. Ce sont des êtres vivants menacés dans leur intégrité par leurs minorités linguistiques. La France, dite Une et Indivisible, arrivera-t-elle à échapper à la décolonisation des ethnies qui la compose ? Pourra-t-elle retarder le phénomène en se fédéralisant à l’image de la Suisse ou de l’Espagne. Pue-être.

Si l’on peut penser de plus en plus sérieusement que la Corse, la Bretagne, ou l’Occitanie seront un jour indépendantes dans une Europe pluri nationale c’est que la France, comme ses voisines, n’échappera pas à un certain déterminisme linguistique. D’où l’importance géopolitique de l’existence de la langue occitane.

Quand à la remarque de J.F. Blanc sur l’identité génétique des hongrois et des slovaques, j’espère qu’il plaisante. Les critères génétiques ou raciaux ne permettent pas de déterminer

ce qui est nation et ce qui ne l’est pas. Les faits nationaux sont avant tout des faits de culture.

J. Ressaire.


Par Ressaire
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 9 décembre 2008

Nous restons sur la confusion entre des nations à part entière et des entités qui sont des fragments de nations : l'Alsace, l'Irlande, la Corse ne sont pas des nations mais respectivement un fragment de la grande nation allemande, de la grande nation celte et des nations italienne et sarde. Parler de nationalisme corse ou irlandais est un contresens : parler de restituer l'Irlande à la grande nation celte, qui va du Morbihan aux Highlands, de réintégrer l'Alsace dans les provinces rhénanes allemandes, oui. Encore une fois, ne confondons pas nationalisme et séparatisme.

D. Escarpit


Tu mets sur le même plan l’Alsace, la Corse et l’Irlande. Ces trois pays méritent d’être examinés au cas par cas.

Tu affirmes que l’Irlande n’est pas une nation, mais fait partie de la grande nation Celte. En fait, ce qu’on appelle « celtique » est le nom d’une famille linguistique qui comprend les quatre langues suivante : gallois, breton, écossais (gaëlique), et irlandais. A ma connaissance tous les linguistes semblent d’accord là-dessus. Je ne parle que des langues celtiques actuelles, le Celte ayant disparu. L’irlandais est donc une langue à part entière.

Il y a la question épineuse de l’Irlande du Nord peuplée d’écossais presbytériens, mais cela ne concerne qu’une petite partie de l’Irlande. Si tu acceptes, comme moi, la définition linguistique de la nation, l’Irlande est bien une nation à part entière. La conscience nationale irlandaise le confirme.

Quand à la question alsacienne, tout le monde est d’accord pour considérer l’alsacien comme une variante de la langue allemande. C’est la réalité objective. Mais il faut tenir compte de l’histoire récente de l’Alsace entachée par le nazisme. Les alsaciens se savent germaniques mais reste fidèles au mirage français. Dans nos rapports avec les alsaciens, il nous faut contourner cette peur et être pragmatique. Que l’Alsace soit d’abord autonome, puis indépendante et qu’elle ait la possibilité de se rattacher à l’Allemagne si les alsaciens le désirent. L’ethnisme propose et les peuples disposent.

Il en est de même pour la Corse. La Corse du Nord considérée comme «  lucchesi » par les corses du sud parle un dialecte assez proche de l’italien , alors que la Corse du sud parle des dialectes dit  « sardici » par les corses du nord.. Les dialectes de corse du sud sont en effet quasi identiques aux dialectes du nord de la Sardaigne (gallurese et sassarese). Le fait est aussi que certains linguistes sardes ne reconnaissent pas le sarde du nord (gallurese et sassarese) comme sarde. La question est complexe et notre approche politique doit tenir compte de cette complexité. Pour l’heure les nationalistes « corses » ne font pas cas de leurs différences linguistiques. Les professeurs de langue corse contournent la question en parlant de langue corse « polysémique ». Sardici et Lucchesi font front contre l’impérialisme français et ne veulent pas entendre parler de leurs différences. La question s’est posée indirectement lorsqu’il y a eu referendum pour supprimer les deux départements. Cela explique à mon avis en partie l’échec de ce referendum qui avait pour objet de regrouper pouvoirs départementaux et pouvoirs régionaux. Pour l’heure nous ne pouvons qu’encourager les nationalistes corses à envisager la construction d’un Etat fédéral indépendant. Par la suite s’il y a « irrédentisme » au nord (c'est-à-dire rattachisme avec l’Italie) et « sardisme » au sud, nous pourrons envisage le partage de l’Ile. Mais on se heurtera au fait insulaire comme en Irlande.

J. Ressaire


Par Ressaire
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 11 décembre 2008
10 décembre 1948: 
les Nations Unies adoptent à l'unanimité moins huit abstentions la "Déclaration Universelle des Droits de l'Homme".

Les Nations Unies ont alors 56 membres, soixante ans après l'ONU en compte 192, soit 136 nouveaux membres.    
L'article  1 de cette déclaration commence ainsi: 
"Art 1. Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits...."
Il s'agit là de droits individuels. Rien à redire, si ce n'est que beaucoup reste à faire pour que ces principes humains soient respectés partout dans le monde.       
Cette déclaration n'a pourtant pas arrêté les conflits entre groupes humains. Pourquoi ? La raison principale en est, à mon avis, qu'il manque à cette déclaration un volet essentiel : celui consacré aux droits des peuples sans Etat.
Tout être humain n'est pas seulement un individu parmi tant d'autres, il fait partie d'un peuple, d'une ethnie ou d'une nation et c'est en tant que tel qu'il entend aussi "être libre et égal en dignité et en droits"
Dans le cas de métissages de plus en plus nombreux, l'être humain s'apparente à deux ou plusieurs nations et son sort est en partie déterminé par ces appartenances.
    Les membres de l'ONU, ne serait-ce que pour expliquer que leur nombre a été presque multiplié par quatre se sont probablement aperçus de cette défaillance. La question a surgi chaque fois qu'un nouveau membre frappe à la porte.    
On peut penser en toute logique que le Monténégro ne sera pas le dernier. Il serait humainement des plus utiles que l'ONU puisse prévoir l'avenir et ne se contente pas d'être seulement une chambre d'enregistrement des conflits nationaux. Cela permettrait peut-être d'éviter bien des guerres d'indépendance.
   
Les dirigeant de l'ONU y pensent certainement. Ils viennent d'adopter en septembre 2007 la "Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones". Cette déclaration commence ainsi :

"Art 1. Les peuples autochtones ont le droit, à titre collectif ou individuel, de jouir pleinement de l'ensemble des droits de l'homme et des libertés fondamentales alors reconnues par la Charte des Nations Unies, la Déclaration  Universelle des Droits de l'Homme et le droit international relatif aux droits de l'homme".
Pour la première fois l'ONU reconnait l'existence de peuples autochtones et leur droits à titre collectif. On avance.
   
Mais voilà, cette Charte ne définit pas ce qu'est un peuple autochtone. Elle s'appliquerait aux peuples autrefois dits "primitifs". On n'est pas loin du terme de "sauvages" contre lequel s'est indigné à juste titre Claude Levy-Strauss.
Quel est le vrai sauvage, le peuple colon ou le peuple colonisé ?
Allez donc trouver un critère objectif pour en décider. Faute d'un tel critère la sagesse nous conseille de considérer l'autre, si différent soit-il, comme son égal.
Ces peuples autochtones regrouperait, nous dit-on, environ 3 millions d'êtres humains dont les caractères ethniques en particuliers linguistiques sont menacés.
Mais pourquoi exclure les 50 millions de berbères ou les 30 millions de kurdes tous sans Etat.
Quand aux peuples sans Etat d'Europe , catalans, basques ou occitans par exemple,  en quoi ne sont-ils pas autochtones ?
   
L'ONU avance vers la reconnaissance des droits humains, très bien. Mais un long chemin reste à parcourir pour reconnaître les droits collectifs en particulier les droits des peuples à disposer d'eux-mêmes.
   
Voilà pourquoi il est devenu urgent d'établir une définition universellement reconnue de ce qu'est un peuple, une ethnie ou une nation. Le respect des droits de l'homme en dépend.
                               
J. Ressaire

Par Ressaire
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 20 décembre 2008
Paru dans Sud Ouest du 28 juin 2007.

"L'Etat de palestine : un rêve pour 20 ans.

Entretien. Quel avenir pour les teritoires palestiniens ? Un chef de mission de l'ONU estime que Gaza et la Cisjordanie ne seront autonomes avant longtemps.

"Jérusalem. ( de notre correspondant)

.
Antoine-Eric de Haulleville dirige l'organisation onusienne International Management Group (IMG), qui recense les destructions perpétrées par l'armée israëlienne dans les territoires palestiniens puis soumet des projets de reconstruction, comme par exemple celui de l'aéroport de Gaza. L'IMG a des bureaux à Jérusalemm Est, Ramallah et Gaza. Elle emploie 25 ingénieurs et architectes. Antoine-Eric de Haulleville, de nationalité belge, connait la bande Gaza comme sa poche. Il estime que Le Caire ne peut tolérer un mini-Etat islamique à ses portes. En conséquence, dit-il, "une intervention egyptienne me semble improbable". Il rappelle que la bande de Gaza a déjà été sous protectorat égyptien de 1948 à 1967.

Croyez-vous qu'une intervention militaire égyptienne dansla bande de Gaza serait motivée par la crainte de voir la mouvence islamique faire tâche d'huile en Egypte ?

- Pas seulement pour cette raison... Je vous rappelle que la bande de Gaza a été égyptienne pendant 7.000 ans, qu'elle a toujours été sous influence de l'Egypte, à part quelques courts entractes comme l'occupation israëlienne à partir de 1967 et les années d'autonomie palestinienne. Cela dit, je pense que la bande de Gaza ne pourra pas être indépendante, ni à travers un hypothétique Etat palestinien, ni indépendante en soi. L'Egypte et le monde entier ne supporteront pas un Etat islamique à Gaza. Dans ces conditions, il se pourrait qu'un protectorat égyptien soit instauré à Gaza quand la situation sera irrémédiablement pourrie et le pouvoir du Hamas sur le point de s'écrouler.

Votre approche est pour le moins dissonante ... Faites-vous la même analyse en ce qui concerne la Cisjordanie ?

Du côté de la Cisjordanie, on peut constater qu'Israël s'efforce d'aider le président Mahmoud Abbas. Israël va lui donner des blindés, des armes, pour lui permettre de maintenir l'ordre. A long terme je vois se dessiner aussi un protectorat jordanien sur la partie Est de ce territoire, c'est à dire sur la vallée du Jourdain, alors qu'Israël continuera à contrôler les villes situées sur les hauteurs de Cisjordani, comme Jenine et Naplouse. Il y aura une entente, non seulment entre la Jordanie et Israël, mais probablement aussi entre un grand nombre de pays, en vue de mettre la Cisjordanie sous haute surveillance.

Alors selon vous, l'Etat de Palestine est condamné ?

Je pense que pour les 20 prochaines années l'Etat de Palestine, indépendant dans ses propres frontières , restera un rêve . Un rêve qui sera repris cependant par les enfants ou les pertits-fils des dirigeants palestiniens qui sont au pouvoir aujourd'hui. Cela me coûte beaucoup d'être aussi pessimiste parceque je suis totalement en faveur de la création de l'Etat de Palestine et m'oppose totalement aux différentes formes de colonisation d'Israël.
Serge Ronen.


Par Ressaire
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 23 septembre 2009

   PROVENCE,  O !  MON  PAYS

 

Pourquoi suis-je à ce point fasciné par la Provence ? J’habite un petit village du Gard Rhodanien  en Languedoc-Roussillon. J’aurais aimé que ma famille habite de l’autre côté du Rhône. Mes parents ont essayé d’émigrer en Camargue, mais la mort de mon père a fait que ma pauvre mère est retournée vivre avec ses deux enfants à Bagnols sur Cèze. J’avais alors quatre ans. La Camargue a probablement laissé en moi un complexe d’insularité.  J’ai toujours imaginé la Camargue comme une île au milieu de la Méditerranée, sauvage, rude, et indépendante. J’ai depuis élargi mon horizon à la grande Occitanie. J’ai parcouru l’Occitanie dans tous les sens, mais plus que toutes les régions occitanes, c’est la Provence qui m’attire. O ! Provence qui t’a vu et qui te voit.

            Plus que tout j’aime Avignon, ses papes occitans, ses hauts lieux mistraliens. Je rêve de la Marseille de Cazaulx. Elle aurait pu devenir une autre Venise si le grand traître de la Gascogne, je veux parler d’Henri IV, n’avait fait assassiner le libérateur de la cité phocéenne. Dès qu’il fut à la tête de Marseille Cazaulx, fit venir d’Avignon la première imprimerie. Le premier livre qui en sortit fut l’œuvre de Bellaud de la Bellaudière en provençal. Je rêve de la Nice d’avant 1860 avant qu’elle ne soit occupée par l’armée de Napoléon III. Je rêve de la Provence intérieure avant qu’elle ne subisse la domination des Anjou. J’aime l’histoire de la Provence parce qu’on y a parlé plus longtemps ma langue maternelle qu’on y a parlé français. « Anen ; Oc, per la lengo ouccitano ! »  A Carcassonne, puis à Béziers, et encore à Carcassonne, j’aurai préféré cette fois-ci qu’on aille à Marseille. Les provençaux sont délaissés. Que peuvent-ils faire ? Se laisser encore et encore assimiler par le rouleau compresseur parisien. Je crois que la francisation de la Provence a atteint ses limites. On ne peut aller plus loin. On ne peut que s’attendre au retour du balancier. L’avenir de la Provence n’est pas à Paris, il est tout simplement provençal.

            Je sais que je ne suis pas seul à être fou de Provence. Je connais même quelques provençaux prêts à prendre les armes pour libérer ce qu’ils appellent leur nation.  Bien sûr, je ne vous dirai pas qui. Je leur suis farouchement opposé, mais je les comprends. Je les aime trop pour les voir finir leurs jours dans les geôles françaises. La Provence n’est pas la Corse.

            Je lis sur le net les sites et blogs sur la Provence. On y accuse  le voisin languedocien d’être sources de tous les maux dont souffre la région. Le ridicule ne tue pas. On se prend le plus souvent pour le dernier des Mohicans. On se passionne pour le folklore, pour les traditions. Plus rien n’existe que la chanson, les courses libres de taureaux, les défilés de Carretos Ramados, les concours de pétanque. On boit le pastis. Du Ricard, bien sûr, parce qu’on sait dans les milieux cultivés que Paul Ricard était nationaliste et qu’il a fondé avec ses amis Jordi Reboul et Carles Camproux un parti provençal aussitôt interdit par le justice française. Il faut dire qu’en 1935 on sentait déjà que  la guerre  avec l’Allemagne allait recommencer. On assiste aujourd’hui massivement aux messes en Provençal surtout si on ne croit à rien. O ! hérésie ! la majorité des foyers provençaux font la crèche, pour les enfants, bien sûr. Ailleurs on se conforme à l’image qu’ont les parisiens des provençaux  jusqu’à en vomir. On s’en sort par la dérision. Mais au fond on est tous malades de la Provence.

            Non, on peut en rester là, la Provence au fond d’elle-même attend son Moïse. Un sage ou mieux une sage qui accepte le jeu démocratique le seul possible à ce jour. La puissance de la France impériale décline depuis la décolonisation. On croit de moins en moins  aux partis français et c’est heureux. Paris devra de gré ou de force déléguer ses pouvoirs  aux régions. Au bout du compte l’indépendance de la Provence ne sera bientôt plus une utopie. L’Europe peut y aider ainsi que les exemples catalan, flamand ou écossais. Il  se peut que la plus aliénée des régions occitanes se libère avant les autres. Je ne peux le dire assurément, mais je le souhaite de tout cœur.                     


 J. Ressaire. Le 22 septembre 2009

 


Par Ressaire
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés